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mardi 1 mars 2022

Effets économiques du changement climatique

 Effets économiques du changement climatique


INTRODUCTION


Le consensus scientifique, et notamment le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), voit dans les émissions de gaz à effet de serre engendrées par les activités humaines la cause du changement climatique. Sans effort de réduction volontariste de ces émissions, le cadre de la vie humaine pourrait être significativement modifié au cours du XXIe siècle. Dans son dernier rapport du 28 février 2022, le GIEC indique qu' environ 3,3 à 3,6 milliards de personnes vivent dans des contextes très vulnérables au changement climatique. On peut estimer le coût de l'inaction climatique en évaluant les effets économiques et sociaux de ces changements du climat. Les différentes méthodes disponibles s'accordent pour conclure que l'impact du changement climatique sur le PIB mondial serait significativement négatif. L'incertitude sur ces estimations peut être considérée comme un autre facteur de risque : ce que nous savons du changement climatique nous laisse penser qu'une grande partie de ses effets nous échappe encore. Les études disponibles sur les effets économiques détaillés par les régions ou les secteurs font aussi apparaître de fortes inégalités. Toutefois, aucun pays ne gagnerait au changement climatique, étant donné les multiples canaux de transmission : épidémies, stabilité financière, commerce, migrations. Quelles seront les évolutions du climat ? Quelles seront les conséquences sur le cadre de vie ? Quelles  activités humaines, notamment économiques, seront modifiées ? Pouvons-nous lutter contre le changement climatique ?  Tout d' abord nous allons nous intéresser aux effets économiques du changement climatique. Ensuite, nous verrons les impacts sectoriels, géographiques et socio-économiques. Puis, nous évoquerons les moyens de lutter contre le réchauffement climatique. 


1- Les effets économiques du changement climatique 


1.1 Effets négatifs sur le PIB 


En faisant l'hypothèse de politiques environnementales constantes, le scénario central du Giec prévoit une élévation des températures de 2,5°C en 2050 et jusqu'à 5°C en 2100 par rapport à la période préindustrielle. Dans ce scénario, les estimations macroéconomiques aboutissent toutes à un effet négatif au niveau mondial, mais d’une ampleur très variable. Certaines méthodes estiment un effet à –15 % de PIB en 2050 et –30 % de PIB en 2100, alors que d'autres suggèrent des effets plus limités (–4 % en 2100 et même un effet nul en 2050). La variabilité des estimations en fonction des méthodes employées reflète les limites de ces dernières ainsi que leur complémentarité. Ces modèles prédisent en effet les adaptations de marché de long terme face au changement climatique, mais ils ne peuvent prendre en compte les coûts de transitions, ni ceux des événements extrêmes.


1.2 Des effets vraisemblablement sous-estimés


Le changement climatique constitue une modification systémique qui touche l'ensemble de l'activité humaine et n'a pas de précédent historique connu par son ampleur et sa rapidité. L'estimation de ses effets se traduit vraisemblablement par une sous-estimation importante des impacts totaux. La prise en compte des coûts de transition et d'adaptation constituent l'un des aspects les plus ardus de cette  estimation. En effet, si l'on peut imaginer ce que serait l’économie mondiale dans un contexte de réchauffement en comparant l'activité sous différents climats, on ne dispose d’aucun exemple historique des coûts associés au passage d'un état de l'économie à l'autre. Le changement climatique devrait entraîner une augmentation de la fréquence et de l'intensité des événements extrêmes, mais l'incertitude sur l'ampleur de ceux-ci, tout comme l'ampleur très différente de leurs effets en fonction de l'aménagement du territoire, rend l'estimation de leur coût difficile dans le contexte général. Mais surtout, au-delà des incertitudes sur l'estimation des dommages, l'incertitude propre des scénarios climatiques doit être soulignée. L'existence de nombreux mécanismes non linéaires, à retard ou à seuil, dans les dynamiques physiques du climat, rend théoriquement possible l'existence de « points de basculement », c'est-à-dire de niveau de réchauffement dont le franchissement pourrait massivement accélérer, intensifier, ou rendre irréversible le changement climatique. Parmi ces points, on peut citer la fonte des glaces du Groenland, de l'Arctique et l'Antarctique, la fonte du permafrost, la baisse de la circulation de certains courants marins dans l'Atlantique, le dépérissement des puits de carbone des forêts boréales canadiennes et de l'Amazonie, etc. 


2. Impacts sectoriels, géographiques et socio-économiques


2.1 Impacts sectoriels 


Étant donné sa dépendance aux conditions climatiques, l'agriculture est un secteur particulièrement vulnérable. Les précipitations devraient avoir un effet négatif direct sur les rendements agricoles dans la plupart des régions, touchant près de 90 % de la population en 2100. Les pertes de production lors des jours de plus forte chaleur et la  prolifération d'insectes ou de bactéries s'attaquant aux cultures en seraient les principales causes. Ces rendements plus faibles seraient aussi plus incertains en raison de la variabilité accrue du climat qui affecterait également la qualité de la production agricole. Si une modification des types de culture et de bétail constitue un moyen d’adaptation à moyen terme, les pertes à court terme et les coûts d'adaptation seraient probablement plus élevés. La quantification des effets demeure néanmoins incertaine du fait de leur hétérogénéité selon les cultures, les activités et les régions, ainsi que des effets de seuils liés à la dégradation des écosystèmes. Par ailleurs, l'augmentation de la concentration du dioxyde de carbone dans l'atmosphère contribuerait, à l'inverse, à la croissance des végétaux, sans que cela puisse a priori compenser les autres effets négatifs des changements climatiques associés. 


Le secteur énergétique et celui des infrastructures pourraient eux aussi être particulièrement touchés. La demande énergétique suit une courbe en « U », plus forte que les basses (chauffage) et hautes températures (climatisation). L'effet du réchauffement sur la demande serait donc loin d'être univoque. L'effet sur la production d'énergie, en revanche, serait négatif sur le court terme, puisque la hausse des températures devrait notablement réduire le rendement des cycles thermodynamiques des centrales à gaz, nucléaire et solaire thermique, ces rendements dépendant fortement de la température de la source froide associée (atmosphère ou eau), tandis que la baisse de la ressource en eau pourrait menacer le refroidissement des centrales situées sur les fleuves. Les secteurs de la construction, du bâtiment et du logement ainsi que du transport devraient également subir

d'importants dommages. En plus du stress thermique ou des précipitations accrues, l'augmentation de la fréquence des événements climatiques extrêmes ne serait pas sans

conséquences sur les coûts de construction et d'entretien des bâtiments comme des infrastructures. Certaines infrastructures de transport pourraient même devenir inutilisables, comme les infrastructures portuaires en cas de hausse de niveau des mers, ou les voies navigables suite à la perte de ressource en eau due aux moindres précipitations.


Le commerce international serait affecté non seulement par l'impact direct sur les infrastructures et la modification des coûts de transport due aux fontes des glaces et aux catastrophes naturelles, mais surtout par l'ajustement des avantages comparatifs résultant du changement climatique qui modifierait les productivités et in fine la répartition des flux commerciaux à l'échelle mondiale. Les économies les moins diversifiées et les plus vulnérables au dérèglement climatique et les moins diversifiées verraient leurs coûts de production augmenter plus rapidement que ceux de leurs partenaires commerciaux, réduisant leur compétitivité relative et détériorant leur balance commerciale. Les échanges de biens agricoles seraient les plus touchés par ces changements, suivis des secteurs intensifs en facteur travail comme le textile ou en énergie comme la métallurgie. Ceci devrait provoquer un ajustement des flux commerciaux en fonction des des capacités locales de production de certains biens, notamment agricoles. 


Le secteur financier enfin, pourrait être parmi les plus touchés par le changement climatique. Plutôt que des risques opérationnels, qui devraient demeurer plutôt faibles dans le secteur bancaire ou assurantiel, le dérèglement climatique devrait engendrer des risques physiques qui se transmettraient au secteur financier par la dépréciation de la valeur des placements financiers touchés. Le secteur assurantiel pourrait être particulièrement exposé à ces risques. La Caisse Centrale de Réassurance estime que l'augmentation de la fréquence et du coût des événements extrêmes augmenterait la sinistralité des biens assurés de 50 % en France métropolitaine d'ici à 2050. À court terme, face à des événements violents corrélés entre eux, des pertes larges et concentrées pourraient entraîner les défaillances de certaines compagnies d'assurance. À long terme, l'existence d'événements extrêmes récurrents pourrait entraîner la non-assurabilité de certains risques,

qui amplifierait à son tour les effets négatifs d'une catastrophe naturelle en limitant la reconstruction.


2.2 Impacts géographiques

Dans la mesure où les épisodes de très fortes chaleur (au-dessus de 30°C) sont considérés comme les événements climatiques occasionnant le plus de dommages économiques, les pays soumis actuellement aux climats les plus chauds seraient mécaniquement les plus vulnérables. Ces pays sont par ailleurs ceux dont l'économie repose le plus sur le secteur agricole, lui-même particulièrement soumis au risque climatique. Les pays proches de l'équateur (en Afrique, Amérique Centrale et Asie du Sud et du Sud-Est, qui représentent près de 53 % de la production agricole mondiale) devrait en effet être plus fortement touchés que les pays situés dans les hautes latitudes, dont l'agriculture serait même susceptible de bénéficier du réchauffement grâce à un prolongement de la saison de croissance et à l'agrandissement de la superficie cultivable.

2.3 Impacts socio-économiques


Au-delà des impacts économiques, une modification importante du cadre de vie devrait avoir des effets notables sur la santé humaine et la stabilité sociale, qui pourraient rétroagir de façon importante sur l'économie. Si ces derniers sont plus difficiles à prévoir et à quantifier, ils constituent potentiellement un des principaux canaux d'impact du changement climatique. L'augmentation des températures et de la fréquence des événements extrêmes (canicules, catastrophes naturelles) et les effets indirects de la dégradation des écosystèmes naturels (émergence de maladies) peuvent avoir un impact important sur la santé humaine. On considère généralement que le taux de mortalité suit une courbe en « U » avec la température : il augmente fortement aux très hautes ou très basses températures. Le peuplement humain étant déjà concentré dans les régions déjà tempérées ou chaudes, la hausse des températures devrait en moyenne jouer à la hausse sur le taux de mortalité. À titre d'exemple, Deschênes et Moretti (2009) estiment que le taux de mortalité augmenterait de 2 % par degré au-dessus de 32,2°C aux États Unis. Par ailleurs, la prolifération de certaines maladies transmises par des espèces animales comme les moustiques (malaria, dengue etc.) ou par l'ingestion d'aliments ou d'eau contaminés (choléra et autres maladies diarrhéiques, etc.) pourrait être facilitée par la hausse des températures. Les difficultés du secteur agricole pourraient rendre la sécurité alimentaire plus précaire dans certains pays, en particulier face à la menace d'événements extrêmes répétés, aggravant ainsi ces risques sanitaires. Ainsi, selon l'Organisation Mondiale de la Santé, le changement climatique pourrait causer entre 2030 et 2050 environ 250 000 décès supplémentaires par an dans le monde, dus à la malnutrition, au paludisme, aux maladies diarrhéiques et au stress thermique. 


Au vu de leur ampleur probable, les effets économiques du changement climatique pourraient par ailleurs avoir des conséquences importantes sur la stabilité politique et sociale, en particulier du fait des migrations. Toutefois, si des indices d'une relation causale entre sécheresse, conflits et migrations subséquentes semblent exister sur des périodes restreintes, dans le cas général, la dégradation des terres ou des réserves en eau douce n'apparaît pas pour  l’instant comme un déterminant significatif dans le déclenchement de conflits. L'impact sur les migrations, fondé sur la cartographie des risques de submersion, de dégradation des terres ou des réserves en eau, est plus clair. Ainsi l'International Organisation for Migration estime que 250 millions à 1 milliard de personnes pourraient se déplacer à cause du changement climatique d'ici 2050. Ces déplacements devraient pour l'essentiel se dérouler à proximité des lieux touchés ou au sein du même pays. L'impact sur l'émigration est plus difficile à mettre en évidence puisque cette décision répond à des logiques multiples où le changement climatique ne joue généralement qu'indirectement ; en outre, les populations les plus concernées par le changement climatique, notamment en Afrique, n'ont pas toujours les ressources financières qui permettent l'émigration.



3. Les moyens de lutter contre le réchauffement climatique


Entre espoirs et désillusions, où en-est la lutte contre le changement climatique ? La crise du Coronavirus est-elle le coup de grâce pour le climat ou bien l’opportunité de mettre enfin la politique climatique sur de bons rails ?

3.1 Quelques signes d espoir

L’accord de Paris, entré en vigueur le 4 novembre 2016, a permis une réelle prise de conscience des enjeux par le grand public, ce dont témoignent les nombreuses mobilisations citoyennes à travers le monde, dont la jeune Greta Thunberg est le symbole. Cet accord a également donné un élan à de nombreuses initiatives, notamment dans le secteur privé. Plusieurs grandes entreprises ont annoncé des plans ambitieux de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre et de désinvestissement dans les énergies fossiles. C’est le cas notamment de Nestlé, Danone, Apple, McDonald’s et même du pétrolier Total qui s’est engagé à devenir neutre en carbone en 2050.

Autre évolution positive : la quantité de CO2 émise par point de PIB a diminué d’un tiers dans le monde depuis 1990, et a baissé de 2,5 % par an en moyenne entre 2013 et 2017. Concrètement, cela signifie que la croissance des émissions de gaz à effet de serre est moins rapide que celle du PIB mondial. La réduction est particulièrement forte pour la Chine (- 63 %), pays au niveau historique particulièrement élevé, mais aussi pour l’Union européenne (- 51 %) et même pour les États-Unis (- 47 %).

Enfin, au niveau politique, la nouvelle Commission européenne présidée par Ursula Von der Leyen a affiché la volonté de faire de la lutte contre le réchauffement climatique la priorité de sa mandature. Cette dernière devrait se caractériser par la mobilisation de plusieurs politiques économiques climatiques d’envergure dont un plan d’investissement massif dans la transition écologique (European Green new Deal) et la création d’une taxe carbone aux frontières de l’Europe (OFCE, 2020).

3.2 Mais les émissions de gaz à effet de serre continuent d' augmenter

Malheureusement, ces quelques signaux positifs pèsent bien peu par rapport à la réalité des faits. Alors qu’il faudrait que les émissions mondiales baissent, elles ont au contraire augmenté de 1,5 % par an au cours de la dernière décennie, et de 4 % depuis l’accord de Paris sur le climat. En effet, pour la seule période 2015-2018, les émissions des principales économies mondiales se sont avérées bien supérieures aux engagements déterminés au niveau national suite à l’accord de Paris. La France, par exemple, est loin d’être un modèle puisqu’elle a dépassé de 4,5 % le budget carbone qu’elle s’était fixée en 2018. 


3.3 Pourquoi cet échec de l' action climatique ?


D’abord parce que mis à part quelques actions symboliques et objectifs de long terme, les gouvernements ne mettent pas en place les mesures concrètes qui infléchiraient la courbe des émissions de gaz à effet de serre… sans parler des États-Unis qui se sont tout simplement désengagés de l’accord de Paris.

Ensuite, parce que le secteur financier, derrière les beaux discours, finance toujours massivement les énergies fossiles, au dépend des énergies « bas carbone ». D’après le rapport « Banking On Climate Change », 35 banques américaines, canadiennes, chinoises, européennes et japonaises ont financé les énergies fossiles à hauteur de plus de 2 700 milliards de dollars entre 2016 et 2019. Pire, ce financement est en constante augmentation depuis l’adoption de l’Accord de Paris. Parmi elles, les françaises BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale et Natixis (filiale du groupe Banque populaire Caisse d’Épargne) ont financé le charbon, le pétrole et le gaz à hauteur de 124 milliards d’euros depuis 2016 (Rainforest action network, 2020).

Enfin, parce qu'au-delà de la prise de conscience, le comportement de la majorité des citoyens évolue peu. L’empreinte carbone moyenne des français reste relativement stable (et haute) depuis 1995 (CGDD, 2020) et malgré quelques « poussées vertes » notamment lors de l’élection européenne de 2019, on semble loin de l’élection d’un(e) président(e) plaçant le changement climatique (ou plus globalement l’écologie) en priorité.

3.4 Crise covid : une baisse de 8 % des émissions de gaz à effet de serre en 2020

Alors que selon les prévisions, les émissions de gaz à effet de serre devaient augmenter d’environ 1 % par rapport à 2019 (Carbon Brief, 2020), elles devraient selon les estimations de l’Agence Internationale de l’Énergie, décroître d’environ 8 %*, ce qui correspond à 2 600 millions de tonnes de CO2 évitées (IEA, 2020). Il s’agirait de la baisse la plus importante jamais enregistrée, bien au-delà de celle observée pendant la crise économique de 2008, la grippe espagnole ou la seconde guerre mondiale.

Une opportunité pour accélérer l’action climatique ? Bien sûr, personne de peut se réjouir d’une réduction de la pollution dans des circonstances aussi dramatiques… mais cette crise sanitaire peut être l’opportunité (la dernière ?) de mettre enfin la lutte contre le changement climatique sur de bons rails. Tout d’abord parce que cette baisse remet temporairement le monde sur une trajectoire compatible avec les objectifs de l’accord de Paris. Ensuite parce que cette crise est l’occasion de réfléchir au monde d’après. Nous avons appris à travailler à domicile, « à faire sans » les déplacements professionnels, à réduire notre consommation de biens et services, à relocaliser certaines productions industrielles, à mettre en place des chaînes de solidarité… Bien sûr, personne ne souhaite une vie « en état de confinement », mais il faut tirer bénéfice de ces expériences pour construire un monde plus respectueux des autres et de notre planète.

Les plans de relance de l’économie sont également l’opportunité pour les gouvernements d’investir dans la transition écologique en créant des emplois d’avenir dans la croissance verte, de tourner le dos aux énergies fossiles (malgré un prix du pétrole et du gaz historiquement bas) et d’imposer des contreparties sociales et environnementales aux grandes entreprises qui seront aidées, telles que l’obligation de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.


CONCLUSION


Si le changement climatique génère  des bouleversements environnementaux majeurs, il se traduit par des conséquences économiques et socio-économiques importantes, dont des flux de populations massifs au pouvoir déstabilisateur. Il apparaît que la lutte contre le changement climatique exige une coopération internationale des plus larges qui repose sur des rencontres internationales conduisant à des traités contraignants et sur d' autres mécanismes de coopération mondiale.  Mais les divergences d'intérêts rendent une solution globale complexe. La véritable opportunité se présentera lorsque les gouvernements sortiront « du mode catastrophe » et commenceront à planifier de véritables plans de relance économique. Il est possible pour les États de prendre des mesures radicales et coûteuses face à un danger imminent et que celles-ci soient acceptées par la population. Reste aux États, aux banques, aux entreprises et aux citoyens à se saisir de cette opportunité.C' est au prix d' un effort commun massif que la planète pourra tenter d'éviter des troubles majeurs sur son bien-être futur. 

Le monde est-il prêt à faire de tels sacrifices ?


samedi 26 février 2022

Les impacts du réchauffement climatique sur l’économie

 

Les impacts du réchauffement climatique sur l’économie

 

Le réchauffement climatique est un problème « éco ». « Eco » comme écologique, et aussi comme économique. En effet, la hausse des températures met à mal la croissance et l’emploi. Quels sont les enjeux économiques du réchauffement climatique ? Quel avenir pour notre bilan carbone ?

Réchauffement climatique et économie : une baisse du PIB

Selon le cabinet d’analyse Oxford Economics, un réchauffement climatique de 3 °C d’ici 2100 pourrait se traduire par une baisse du PIB mondial de 21 %. Un scénario bien inquiétant pour l’économie mondiale. Et cela risque d’être encore plus compliqué pour les pays en développement. Ainsi, les expert.es d’Oxford Economics soulignent que le PIB de l’Inde pourrait subir une baisse de 90% à horizon 2100.

Le phénomène de hausse des températures risque donc d’’aggraver les inégalités à l’échelle de la planète. Comment expliquer cela ? Simplement car des pans entiers de l’économie seront mis à mal. En effet, la plupart des secteurs économiques risquent d’être touchés par le réchauffement climatique. Tourisme, pêche, industrie agroalimentaire, santé, sport, etc. verront leurs activités impactées.

L’agriculture : secteur menacé par le réchauffement climatique

L’exemple de l’agriculture est frappant. Avec la hausse des températures, les terres arables perdent en humidité. Elles deviennent donc de plus en plus sèches et cela conduit à une désertification de certains espaces. C’est surtout le cas en Asie du Sud-Est et en Afrique. Cela oblige de nombreux agriculteurs et agricultrices à se déplacer. On les appelle « réfugiés climatiques ».

Et plus les températures montent, plus le problème prendra de l’ampleur. D’après les données de l’ONU, « Quelque 50 millions de personnes pourraient être déplacées au cours des 10 prochaines années en raison de la désertification. ». 

L’Europe ne sera pas non plus épargnée par les changements de météo. L’agriculture française, qui représente 2,8 % des emplois de l’Hexagone, en pâtira franchement. Comme l’explique le magazine Futura Sciences, le territoire métropolitain sera « coupé en deux ». La partie sud sera fortement impactée car elle devra faire face « à la fois des sécheresses, des canicules, une diminution de la période de végétalisation, une érosion des sols, des incendies, etc. ».

Cette diminution des rendements agricoles aura des conséquences sur d’autres secteurs. Dans l’Hexagone, on peut penser au tourisme lié à la vigne, à l’œnologie, à la sommellerie, à la restauration.

Lutte contre le réchauffement climatique : vecteur de croissance

Le réchauffement climatique apparaît comme négatif pour notre économie. Toutefois, essayons de ne pas broyer du noir en regardant du côté de la croissance verte. Selon la définition de l’OCDE, « la croissance verte signifie promouvoir la croissance économique et le développement tout en veillant à ce que les actifs naturels continuent de fournir les ressources et services environnementaux dont dépend notre bien-être ».

La croissance verte, c’est donc chercher à allier économie et écologie. Et il faut dire que ce cocktail fonctionne plutôt bien. Selon un rapport de 2018 de la Commission mondiale sur l’économie et le climat, engager un changement de modèle économique et vert pourrait représenter 26.000 milliards de dollars de gains économiques supplémentaires d’ici à 2030. Des gains économiques qui seront aussi vecteurs d’emploi. Cela pourrait créer 65 millions d’emplois supplémentaires dans le monde. Plutôt intéressant, non ?

Les énergies vertes : nouveau moteur de l’économie  

Et en fer de lance de la croissance verte : les énergies renouvelables. En effet, il convient d’abandonner les énergies fossiles. Selon le GIEC, elles représentent environ 75 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) sur Terre. Cette pollution se chiffre au niveau économique. L’OCDE estime qu’elle a engrangé une perte de 3000 milliards de dollars en 2015.

La transition énergétique est donc nécessaire pour notre économie. Comme le souligne Francesco La Camera, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie renouvelable (IRENA), « Faire progresser les énergies renouvelables est une opportunité pour atteindre les objectifs climatiques internationaux tout en stimulant la croissance économique, en créant des millions d’emplois et en améliorant le bien-être humain d’ici 2050 ». Et quand elle parle de croissance économie, l’IRENA ne plaisante pas. D’après elle, un investissement supplémentaire de 19 000 milliards de dollars pourrait se traduire par l’ajout de 98 000 milliards de dollars au PIB mondial d’ici 2050.

Et soutenir cette transition n’est pas difficile. Il suffit d’opter pour une offre d’électricité verte et de biométhane. C’est souvent moins cher que les offres d’énergie classique. De quoi faire d’une pierre trois coups : soutenir l’emploi mondial, réduire sa facture d’énergie et faire baisser son bilan carbone personnel.

 

mercredi 23 février 2022

QUE DÉSIGNE-T-ON SOUS LE VOCABLE DE GUERRE HYBRIDE ?

 INTRODUCTION


Le terme de 'guerre hybride' envahit les médias généralistes ou les débats télévisés.

1990 = guerre économique / 2000 = guerre asymétrique / 2022 = guerre hybride

En Ukraine, en Irak, au Sud-Liban, en Syrie.

Ce terme est appliqué de manière exclusive aux adversaires potentiels ou réels des forces armées occidentales ( les séparatistes ukrainiens, l' Etat Islamique, le Hezbollah libanais) = cela a une connotation dépréciative


Dès 2005 apparition de l expression hybrid war - officiers supérieurs des marines américains, en rapport à la situation en Irak - guérillas, phénomènes insurrectionnels d' une très grande complexité car problématiques imbriquées ( avant il était possible de les dissocier)

Problématiques technologiques (prolifération de nouvelles armes) comme Engins Explosifs Improvisés, contexte stratégique général (environnement et economique, présence des médias, cadre juridique de l intervention)


Au départ, la guerre hybride conflits irréguliers mais le concept tend à s'élargir. Effet de mode ? Quel est le caractère hybride d' un conflit ? Conflits, des normes de l hybridité et possibilité de voir leur évolution


  1. LES CARACTÉRISTIQUES DE LA GUERRE HYBRIDE


la guerre hybride est le résultat d' un processus d'évolution technologique

la cellule terroriste ou le loup solitaire armes et moyens de communication performants

en face les armées de métier doivent augmenter leur degre de preparation et leur niveau d équipement


la guerre hybride est la synthèse entre guerre régulière et irrégulière

dimension polymorphe - phénomène relativement nouveau


1.1 Information et miniaturisation, les préalables à la guerre hybride


1980 = industries militaires - électronique, informatique, communication, miniaturisation des composants

augmentation de puissance de feu, plus de précision, interconnexion des systèmes d armes


les petites formations ou un homme seul peut avoir les mêmes équipements que les forces armées les plus puissantes. cela a des conséquences tactiques et opérationnelles


Utilisation des armes légères - missiles guidés antichars ( Hezbollah, El, mouvements kurdes, syriens et irakiens) / systèmes de missiles sol air portables - tirs de roquette

systèmes de communication (portable, satellite, net ) GPS, drones légers, jumelles de vision nocturne, télescopes d' observation et de tire, matériels sportifs ( lunettes et aides a la visee)


transfert de compétence via le web des groupes paramilitaires, mobilite géographique, cycles de formation, montee en gamme des armees irregulieres (comme Hamas Palestinien)


1.2 La guerre hybride, phénomène nouveau ?


1.2.1 Un concept aussi ancien que la pratique de la guerre


guerre hybride = synthèse entre différentes formes de guerre

mix entre guerre régulière et guerre irrégulière


guerre régulière : conventionnelle, classique mode de guerre occidental, développement sans fin de la puissance de feu, tandem feu et mouvement (manoeuvre), distinctions entre espaces de guerre (le front) et les zones de paix (l'arrière), institutions militaires à l'autorité politique, droit de la guerre


guerre irrégulière : actions plus souples, plus nombreuses, formation de dimension réduite (embuscades, raids, sabotage, harcèlement) - guerilla - pas officiel, pas d' obligations juridiques


hybridité = phases de guerre conventionnelle alternées avec phases de guérillas.


Si la guerre hybride se définit comme la porosité du régulier et de l' irrégulier, alors elle désigne sans doute toutes les guerres, comme par exemple la Guerre du Vietnam.


1.2.1 Renouvellement tactique et intérêt en matière d' art opérationnel


Les différentes pratiques de la guerre hybride = la guerre couplée ( combiner forces régulières et éléments irréguliers - comme les guerres de colonisation ( combattants locaux + troupes de marine ou Legion Etrangere ) / aviation militaire .

Enduring Freedom Afghanistan 2001 ( combattants locaux, peu de militaires d occident)

les forces spéciales guident les frappes aériennes + coordination avec les parties alliées

soutien financier, logistique, search and destroy = guerre par procuration


dans les années 70, la techno-guérilla. Combat décentralisé - profondeur des lignes soviétiques - NOD Non Offensive Defense.

mis en pratique par le Hezbollah libanais face aux israéliens qui ont envahi le Sud Liban. = guerilla traditionnelle + emploi drones et systemes de haute technologie ( avant uniquement unités spéciales occidentales) - asymétrie financière


  1. PRATIQUES CONTEMPORAINES  DE LA GUERRE HYBRIDE


potentiel guerrier en hausse des mouvements et formations irrégulières. Transformations des conditions tactiques du combat - frontières brouillées entre le combat conventionnel réputé plus intense et technologiquement plus relevé, et le combat irrégulier, encore perçu il y a peu comme une forme de petite guerre. Un certain nombre de conflits contemporains sont hybrides.


2.1 Guerre hybride et acteurs armés non étatiques


hybridité - lors des conflits irréguliers quand acteurs armés non étatiques empruntent des technologies réservées aux forces régulières. Deux exemples emblématiques= 

Hezbollah (logique défensive) et l Etat Islamique (logique d' expansion territoriale et religieuse offensive)


El = registre de la guerre hybride - de 2012 a 2014 combats irreguliers - attentats-suicides .

VBIED - véhicules suicides transformés en EEI - Engins Explosifs Improvisés.  Politiques d' assassinats ciblés et ou massifs. 

Tactiques de Swarming difficiles à mettre en place (vitesse, coordination, endurance). Moyens simples et relativement accessibles (armement léger, véhicules légers de type pick-up équipés d' armes d' appui). Les actions sont brutales et soudaines en lançant ses colonnes motorisées à l' assaut des installations militaires et des villes de l' est de la Syrie et de l' ouest de l' Irak. Phases de concentration et de dispersions alternées. Saisie de materiels militaires des armees syriennes et irakiennes - irregularite et terrorisme de masse et guerre psychologique.


2.2 Guerre hybride et puissance étatique


La pratique de la guerre couplée ou de la guerre par procuration  - processus de l' hybridation - ou encore de la NOD (Non Offensive Défense) de l' OTAN  émanant de puissances étatiques disposant de forces armées régulières.


La crise ukrainienne - illustration des nouvelles formes que peut revêtir la guerre hybride. 

Dans la région du Donbass - appui militaire direct de la Russie. Les troupes de la Novorossia = forces impressionnantes. Semi-régulières de par leur organisation et leurs équipements, mais irrégulière  car statut d' acteur non reconnu par la communauté internationale. 

Plusieurs dizaines de milliers de combattants, quelques dizaines de chars, lance-roquettes multiples, des moyens de détection et de guidage, dispositifs de transmission, très bonne organisation logistique. Le potentiel militaire des séparatistes augmente car ont l' appui des forces armées spécialistes russes, de plus l'armée ukrainienne est assez peu redoutable et très fragilisée par les fractures politico-identitaires. Implication ex militaires russes - commandement, encadrement et soutien à la mise en œuvre d'équipements sophistiqués (artillerie, défense aérienne, réseaux de transmission, systèmes de santé) + volontaires ( Caucase, cosaques), ce qui constitue Novorossia. Selon l' OTAN l' implication de la Russie,nouvelle forme d' hybridité, au-delà de l' aspect militaire. Techniques de désinformation et de manipulation psychologique du Kremlin, pressions diplomatiques et économiques, refus de l'entrée de l' Ukraine dans l OTAN ( gesticulations militaires, initiatives prises au sein de l ONU ou d instances régionales…) - véritable guerre contre l' ukraine de manière indirecte et détournée. 

Mais pas impossible d' avoir des actions plus directes par les unités Spetsnaz ou tir d' artillerie depuis le sud du territoire de la Russie si évolution défavorable de la situation militaire des séparatistes. 

meme contexte que la guerre froide lorsqu' américains et soviétiques s' affrontaient indirectement et globalement. 

Cette guerre hybride inclut des activités non militaires à caractère stratégique. 


CONCLUSION


la guerre hybride n' est pas un processus nouveau. Condition sur la pratique de la guerre - dimension technologique inconnue des conflits qu' on appelait de basse intensité. Avec la mondialisation, technologie diffuse/ interconnexion des problématiques contemporaines, surmédiatisation, information en continue, uniformisation des valeurs et des opinions.


mercredi 16 février 2022

QUEL AVENIR POUR LA MONDIALISATION ?

 QUEL AVENIR POUR LA MONDIALISATION ?


  1. PAS D'ALTERNATIVE ?

TINA : There Is No Alternative

fameuse phrase de Margaret Thatcher, ancienne première ministre anglaise, qui disait qu' il n y avait pas d' alternative au marché, au capitalisme, et à la mondialisation.


  1. LES CONFLITS DE LA MONDIALISATION


2.1 Des conflits à dominante économique

lutte des classes 3.0

compétition déloyale

conflits en perdants et gagnants

conflits exploitation des ressources de la Terre


2.2 Le retour des nations

Avec ces différents conflits, la mondialisation est un agent de fragmentation des entités politiques.

hausse du nationalisme

patriotisme economique

le monde actuel = nombreuses situations explosives

(conflits israelo-palestinien, contentieux irano-americain, politique de la surenchere entre les Etats-Unis et la Coree du Nord) + menaces terroristes


2.3 Vers un choc des civilisations ?

affrontement mondial des civilisations

clash entre 7 ou 8 grandes civilisations 

civilisations confuceennes, occidentales, japonais, musulmane, hindoue, slave-orthodoxe, latino-americaine, africaine


augmentation de l islamisme = conflit entre l'Islam et l'Occident ( imbrication de conflits en interaction)


  1. LA MONDIALISATION EN DÉBAT


3.1 Une guerre idéologique


  • le globalisme de marche : vision néolibérale qui façonne les identités collectives et individuelles. Résistance des progressistes et des traditionnalistes

  • le globalisme de justice : vision alternative de la mondialisation - idéaliste - solidarité et justice

  • les globalismes religieux : mobilisation de communautés religieuses pour défendre des valeurs et croyances contre le sécularisme et le consumérisme


3.2 Une mondialisation jugée trop libérale

dénonciation d' une mondialisation économique

le collectivisme opposé à la liberalisme ne fonctionne plus depuis l' effondrement du bloc de l' est  - troisieme voie en matière de modèle économique, d'échelle et de gouvernance


le rejet de la mondialisation = cinq arguments 

1- le néolibéralisme produit des crises globales

2- la mondialisation néolibérale a généré de nouvelles injustices et disparités

3-la démocratie est essentielle pour résoudre des problèmes globaux

4-un autre monde est possible et requis de toute urgence

5-le pouvoir au peuple est non aux entreprises


3.3 La nébuleuse des alter


3 grandes familles d'altermondialistes

  • associations en réaction à la mondialisation libérale = WWF, FINANCE WATCH, …

  • organisations de la defense des interets des populations vulnérables = Amnesty International, Médecins sans frontières

  • organisations politiques et religieuses plus ou moins radicales (plutôt anti-mondialistes, partis populistes, Trump aux Etats-Unis)


  1. UNE AUTRE MONDIALISATION


4.1 Pour un autre mode de développement


Une interruption de la mondialisation n' est ni possible ni souhaitable mais possible de redéfinir le cadre de la mondialisation.

pour l' ONU le développement durable = alternative possible

régime de croissance indexé à la logique du vivant, croissance au service de l' homme et économe en ressources naturelles

replacer l'économie dans l environnement et subordonner l'économie à la vie de l'espèce humaine et des autres espèces

Par contre, pour les multinationales, le dvt durable est un outil marketing


4.2 Quelles politiques pour une autre mondialisation ?


Tentatives mensongères de greenwashing

utopie réaliste = s' attaquer aux effets pervers de la globalisation financière

redonner aux Etats la maîtrise des mouvements de capitaux / promouvoir le contrôle des capitaux / taxer les flux financiers internationaux / supprimer les produits financiers complexes et opaques / lutter contre les paradis fiscaux / réformer et démocratiser les institutions financières internationales


4.3 Pour une autre gouvernance 

déficit democratique - manque de légitimité et de représentabilité

absence de certains pays au Conseil de Sécurité de l ONU - suprématie du FMI et G20

impuissance de l Organisation Internationale du Travail (OIT)

dumping social, baisse des couts de production car baisse des coûts de la main-d'oeuvre


solution : economie solidaire / finance humaniste / microcrédit / commerce équitable / monnaies locales


  1. L'UE : PRÉFIGURATION RÉGIONALE ?


autre mondialisation = changement d échelle

echelle régionale contre le repli sur soi et le nationalisme, prend en compte les différences culturelles = par exemple l'Union Européenne


Les adjectifs et pronoms indéfinis